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Le chaume

Le roseau (phragmites australis) est une plante vivace de la famille des graminées, mesurant de 1 à 5 m de hauteur, droite et cassante, qui repousse naturellement tous les ans. Ses longues tiges fines sont ornées d'un plumeau argenté mesurant de 20 à 50 cm de long sur 2 à 3 cm de large.

Il pousse dans les milieux humides et prospère sur des sols gorgés d'eau et peu oxygénés, le long des cours d'eau, dans les marais et dans les fossés bordant les routes. Il se récolte de décembre à mars, suivant les régions. En France les principales roselières exploitées se situent en Camargue, en Baie de Seine et en Brière.

Ses qualités de résistance, sa souplesse (se plie, mais ne rompt pas…), ses propriétés hydrofuges, ses bonnes performances thermiques, son abondance et sa croissance sans intervention humaine, l'ont fait élire un peu partout dans le monde comme matériau de couverture végétale.

  • Conductivité thermique : λ = 0,065W/m.°C (définie par le « Grenelle de l'Environnement » et retenue par l’administration fiscale)
  • Comportement au feu : norme allemande B2 (normalement inflammable)
  • Perméabilité à la vapeur d'eau : μ = 1 à 1,5
  • Capacité thermique : 105 kJ/m³.°C
  • Le roseau est une plante qui pousse naturellement et n’est l’objet d’aucun apport chimique.
  • En cas d'incendie, il ne dégage aucune émanation toxique.

Même si le processus de décomposition de la paille est un phénomène naturel (tout système biologique constitué d'une matière ligno-cellulosique s’expose au déclenchement de l’activité fongique dés que certaines conditions climatiques et environnementales sont réunies, telles qu’une atmosphère confinée, une ambiance humide, une circulation d’air déficiente) on constate néanmoins depuis plusieurs années un processus de dégradation prématurée du chaume dans toute l’Europe. Il y a pour cela de multiples facteurs de nature endogène et exogène.

Comme facteurs endogènes, on cite l’excessive teneur en nitrate des étendues d’eau, dans lesquelles baigne le roseau et qui contribue à le fragiliser.

Les principaux facteurs exogènes sont humains, engendrés en amont par les conditions de récolte, de nettoyage, de stockage et de transport du roseau et, en aval, par le mode de mise en œuvre sur des toits à pente trop faible pour pouvoir évacuer rapidement les eaux de pluies. Peuvent être également incriminés les facteurs environnementaux tels que des hivers doux, un taux d'humidité de l’air elevé, les pluies acides, les engrais et pesticides en usage dans l'agriculture.

Ces phénomènes sont propices à une prolifération fongique qui se manifeste sous la forme de pourriture blanche de type mérule ou Trametes versicolor, de craquelures ou bien de pourriture brune ou cubique.

Ces manifestations s’observent dans les 2 à 10 ans après la pose et même bien au delà, puisqu'elles ont été observées sur des toitures agées d'une trentaine d'années. Elles sont généralement limitées à des poches, qu’il faut traiter d’urgence avant que les spores ne se propagent et n’essaiment sur l’ensemble de la couverture. Plus la détection s’effectuera tôt, plus l’intervention sera limitée au remplacement des parties défectueuses et au traitement des parties saines pour éviter la propagation. Quand la pourriture est trop avancée il n’y a malheureusement plus d’autre alternative que de remplacer la couverture en totalité.

Pour circonscrire les phénomènes de dégradation, il est important de s’informer sur les conditions de récolte du chaume, ses conditions de stockage, de transport, en camion ouvert ou fermé, d’en contrôler la qualité et le taux d’humidité à réception. Il est aussi primordial de protéger le roseau sur le chantier, de ne pas le laisser en contact direct avec le sol, de l’abriter en cas de précipitations atmosphériques, de ne pas travailler sous la pluie. Nous nous engageons comme cela se fait en Grande Bretagne, en Hollande et en Belgique à tenir des registres pour chaque chantier où figurent des informations sur la provenance du roseau, sa date de réception, les conditions météorologiques pendant la durée du chantier, le nombre et la nature des interventions d’entretien, de réparation et le descriptif des dégradations observées et traitées. Cette traçabilité se révèle nécessaire, notamment en cas de changement de propriétaire pour permettre à celui-ci de disposer d’un historique sur la toiture dont il hérite.

Le roseau que nous utilisons provient de roselières dont le roseau récolté est exempt de toute contamination fongique attesté par des analyses effectuées en laboratoire. Il s'ensuit que le phénomène de dégradation n'apparait qu'à posteriori, après la mise en oeuvre, sous l'effet de facteurs dont on ignore l'origine.

Pour prévenir toute dégradation prématurée d'origine biologique de la couverture, nous procédons à un traitement du roseau, sous forme de pulvérisations ou d'applications, sans impact nocif sur la santé, avant et au cours de la mise en oeuvre, par épandage entre couches

Nous nous sommes engagés dans une démarche responsable auprès des assureurs, en mettant à leur disposition les attestations d’entretien annuel ou bisannuel des couvertures dont nous avons la charge. Elles précisent la nature des interventions et le traitement effectué. Elles ont pour mérite d’exonérer nos entreprises membres, de toute accusation de négligence, qui pourrait remettre en question le principe de la garantie décennale et d’accélérer la prise en charge des sinistres.

Téléchargement privé

2 études exhaustives en anglais sur les phénomènes de dégradation prématurée, constatés en Europe.

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